Balance ton top : 5 filles sur mon fil

// 01/01/2020

Par Catherine Colard

Puisque choisir c’est renoncer, j’ai pris la saine résolution de cultiver mon incorrigible indécision bordélique. Pas de classement, de rangement et encore moins de regrets dans mes bulles de fin/début d’année. Simplement 5 chansons de filles libres et talentueuses qui m’ont fait vibrer en 2019, pleurer, chanter, danser, réfléchir, sourire, découvrir, et m'ont donné l’envie de partager du beau en 2020 plus que jamais. Cochez les mentions utiles. En somme 5 versions de moi. En mieux.

  • Clara Luciani, Nue

Pour terminer une année et en commencer une autre à nu, sur le fil ténu entre l’être et le paraître : Nue, un des inédits en cadeau sur la réédition de Sainte-Victoire, le sublime album orange d’une Clara Luciani qui a fait mon bonheur en 2019 comme en 2018.

Je mise sur ce tube disco-funk en puissance sur fond de basse rutilante pour vous souhaiter au moins 366 jours et nuits sensuels et groovy.

Un clip signé par le Belge Brice VDH (Julien Doré, Caballero & JeanJass, Angèle et Roméo Elvis), tourné à Bruxelles à l'hôtel Métropole et au Cirque Royal. Avec un chouette caméo d’Arthur Teboul de Feu! Chatterton.

  • Penelope Antena, June’ 87

Ma pépite, encore trop secrète, de 2019 : Penelope Antena et son premier album Antelope, sur lequel elle pose sa voix en anglais. Une petite infidélité à mon top en français dans le texte, parce qu’elle le vaut bien.

Et puis ce titre raconte une histoire qui me touche. La jeune Belge a créé la plage d’ouverture d’Antelope suite à la découverte d’une cassette audio dans un vieil enregistreur appartenant à son grand-père, l’immense adorable Marc Moulin (Telex, Placebo). Sur cette cassette, il est écrit « June 87 ». Sur la bande, quelques minutes d’accords joués sur un Wurlitzer par Marc en pleine séance de composition. Penelope, passionnée par le travail sur les textures des voix, décide alors de chanter sur ces notes venues du passé, gardant l’enregistrement brut tel quel.

Deux jolies minutes d’intimité mélancolico-électronique sans fioritures soulignées par un clip fait maison parmi les cassettes de Marc et les instruments de Penelope, qui travaille actuellement sur la création d’un nouvel opus.

  • Lous and the Yakuza, Dilemme

Ma prédiction pour 2020 : Lous and the Yakuza va bientôt niquer le game. Marie-Pierra Kakoma déboule avec Dilemme et Tout est gore, deux singles incandescents en amuse-bouche de son premier album Gore, à sortir incessamment sous peu.

Du haut de ses 23 ans, Lous and the Yakuza annonce la couleur avec ces saveurs curieuses et installe d’emblée un univers intense donc très personnel. Si les thèmes sont brutaux, la jeune Belge assume sa dualité sur des textes ciselés et sur des sons pop trap et R&B entêtants. De vrais cadeaux dans un emballage clippesque à l’esthétique hyper stylée dopée par des références à l’histoire de l’art et à l’histoire de l’artiste.

Une personnalité audacieuse, exigeante et déjà attachante. A suivre.

  • Jeanne Cherhal, L’an 40

Je suis définitivement fâchée avec les chiffes, sauf avec les chiffres ronds. Les nouvelles années 20, je m’en fous un peu comme de l’an 40. Mais pas de L’an 40 de Jeanne Cherhal, une de ces chansons légères et lumineuses qui ont fait sourire mes lendemains qui (dé)chantent en 2019.
Sincère, subtile et sans pathos, juste dans ses émotions, cette belle plage entre piano et cuivres invite à cultiver l’art d’aimer et de s’aimer. Qu’on ait 40 ans, ou plus ou moins.

Un clip solaire en connivence avec 5 femmes inspirantes au tournant de la quarantaine : la chanteuse Camille (aussi aux choeurs), la dessinatrice de BD Amélia Aurita, la journaliste et podcasteuse Lauren Bastide, l’écrivaine Chloé Delaume et la chorégraphe Kaori Ito.

  • Karin Clercq, Le Meilleur qui nous reste

Elle le sait, Karin Clercq, ses chansons sont dans la BO de ma vie buissonnière depuis ses premiers pas dans la musique. Sa voix est ainsi un peu la mienne - et celle de nous toutes. Au fil des rencontres, elle est devenue ce genre d’amie qu’on touche trop rarement en vrai mais qui touche toujours droit au coeur. Et si son tellement élégant quatrième album La Boîte de Pandore est sorti en 2018, c’est en été 2019 que ses propres mots et ceux qu’elle s’approprie avec justesse, comme ici une ode à l’amitié signée Alfred de Musset, m’ont fait verser l’indispensable petite larme de bonheur dans la vie en vrai.

« Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses, pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux... »

Thank you for the music et belle année Karin Clercq, avec Alice Vande Voorde (Valko, Kùzylarsen, Polyphonic Size), Emmanuel Delcourt (My Little Cheap Dictaphone, Roscoe), Sacha Toorop, les filles de Faon Faon, Marie Warnant, Grazyna Bienkowski (Wolves) et Claudia Rausens !

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