Édito

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En mode globish fafafafa-fashion

// 21/09/2020
Par Catherine Colard

Après quelques mois de disette vestimentaire en mode vieux sweats et treggings (et c’est juste trop touchy pour une working-girl en burnout), je me boostais donc, le week-end dernier, à shopper online et ailleurs quelques nouveaux must-have. Reporting à traduire avec Google Translate.

Les poètes du XXIe siècle, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, baragouinent l’anglais à tout va. Surtout lorsque ça cause fafafafa-fashion.
You speak globish ? So chic !



Il est tout un sabir, que j’adore détester, qui a envahi sournoisement nos dressings, websites, pop-up et autres concept stores. A la vitesse d’une blogueuse alignant les tutos et les stories, la mode emprunte à l’anglais US et s’approprie de nouveaux mots comme les ados chipent les t-shirts de leurs best friends ever. Un peu, beaucoup, à la folie… et parfois avec un accent qui laisse à désirer. N’est-ce pas, mon si doux sweet-shirt ?



Alors donc, ce week-end, mon make-up waterproof a pleuré sa mère. 

« Plutôt flare ou boyfriend, le jean ? Le slim, c’est résolument cheap et has been (ou has never been) ! Matche-le avec un crop top tie and dye bien frais un peu loose et des low boots nude pour un total look boho. Après, ton it-bag basique de it-girl ,tu pourras le twister easy en le customisant avec quelques patches girly, urban ou destroy, selon ton mood du day. Et pour ton shopping in real life, on lovera le tote bag craft siglé par un artist-designer », me dit mon personal shopper. 

Where is my mind ? Dans ton string !

Certes, et ce n’est pas un scoop : it’s like déjà vu.
Le vocabulaire de la mode s’est toujours inspiré de l’anglais (mais aussi de l’italien, du persan ou de l’inuit). Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, genre il y a 100 ans, quand Charles A. chantait affublé de « ce complet bleu qui était du dernier cri ».
A l’époque, les termes propres à la mode piqués à d’autres langues se limitaient surtout à des noms de tissus ou de vêtements spécifiques, comme jersey, liberty, tweed, derby, anorak, pyjama, raglan, smoking, sweater ou twin-set. 

Today, certains mots en anglais semblent irremplaçables, vu qu’il ont déjà été adoptés dans le vocabulaire international et faciliteraient la communication. Va-t-en expliquer à ta mère ce que veut dire glam, grunge ou casual. Pourtant, dans pas mal de cas, on a affaire à des anglicismes plus dispensables, pour lesquels le français possède au moins un équivalent: label, zip and so on.


La faute à qui ? A nos friends people sur Insta ? A la presse papier glacé ? A une réelle économie langagière ou à une paresse lexicale vraiment crasse ? C’est aussi ça, peut-être, la fast fashion et sa mondialisation.


Beep-beep !
Soyons snob et pop ! Je m’en vais de ce pas acheter dans une vraie boutique un cardigan oversize et un bon vieux kilt vintage signé Vivienne Westwood.
Je reviens vers vous ASAP. Next (fashion) week. Perhaps.


Photo by Engin Akyurt on Unsplash

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