Été indien vaut mieux que deux tu l’auras

// 14/09/2015

Par Catherine Colard

Tu sais, je n'ai jamais été aussi heureuse que ce matin-là
C'était l'automne, un automne où il faisait beau
Et je me souviens, je me souviens très bien
De ce que tu m’as dit ce matin-là (bis repetita placent)
Il y a un an, y a un siècle, y a une éternité


A ceci près que nous n’étions pas dans le Nord de l’Amérique, encore moins sur une plage. Et je ne me rappelle jamais très bien de la pluie ou du beau temps.
Pourtant, toute ma vie n’est plus pareille depuis ce jour où Benjamin Schoos m’a dit « viens ».

Pile-poil un an de bons et déloyaux services pour Radio Rectangle, ça vaut bien un petit édito météo en chanson. Fût-elle antédiluvienne.

Merci à toi, Benjamin S., à toi Joe D. et surtout à toi, lecteur assidu, pour cette pluie de soleil et de bonheur qui inonde mes mails et mon âme depuis septembre 2014.

Je pense à toi.
Où es-tu? Que fais-tu?
Au moins, je sais que j'existe encore pour toi.
Depuis toi, avec ou sans robe longue, mes lundis ressemblent désormais à des aquarelles de Marie Laurencin.
Antithèses des cauchemars de Goya, mes débuts de semaine répètent indéfiniment le mystère ambigu et hallucinant des princesses et des bêtes féériques, de fleurs et d'adolescentes à la pâleur irréelle. En une réminiscence des Fêtes galantes de Watteau, vos innombrables Likes ici et ailleurs convoquent dans mon bureau l'instant extatique d'une pose dansante par leurs regards muets comme ceux d'un masque.

Mais je m’égare.
Et je suis en retard.

Ah, dites, en parlant de retard, vous étiez au courant?
Cloclo, arrivé en studio et carrément à la bourre pour enregistrer ce slow qui tue composé par Toto Cutugno, a été coiffé au poteau par son ami Joe Dassin. NON, je n’écrirai pas « coiffé au pylône ».
Cet incident d’agenda n’a certes pas changé le monde, même s’il a donné lieu à un admirable pic de natalité en pays francophones entre 1975 et 1978, année où feu Mort Shuman a signé « Un Eté de Porcelaine », la chanson phare du film « L’Hôtel de la Plage ».

L’été, la plage, les agendas bousculés, la porcelaine électrique, les courts-circuits rectangulaires, les slows qui tournent en rond sur les platines. Et moi et moi et moi qui suis en retard, mais avec du sable et mille mercis entre les orteils.

On ira donc où tu voudras, quand tu voudras
Fêter un grand pow-wow félin
Aux couleurs de l'été indien

Mais pas avant lundi prochain, please.
Lait, thé indien? What else?

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