Split Single Water Babies et Orouni

// 16/06/2015

Par La rédaction

Ce split single est le fruit d’une amitié entre deux groupes, Orouni et Water Babies, née au printemps 2014 par l’entremise d’Oliver Peel, inlassable organisateur de soirées-concerts à Paris, qui fit se rencontrer les protagonistes. Orouni et Clémentine, compositeurs respectifs des deux formations, partagent le goût de la pop anglaise (de Kevin Ayers à Supergrass), Curtis Mayfied et la Great Black Music, la chanson Station to Station de David Bowie, le fait d’avoir été adolescents dans les années 90, ainsi que Tom Zé et les musiques brésiliennes, dans lesquelles Clémentine, qui a vécu à Rio et São Paulo, a commencé sa formation musicale. Un jour d’été 2014, quelques mois après la sortie de son album Grand Tour (Sauvage Records), Orouni tomba sur un “split-single” (anglicisme désignant un enregistrement où deux groupes partagent chacun une chanson) signé Fugu et Stereolab, formations amies et influentes, et proposa en plaisantant à Clémentine de faire la même chose. Clémentine, qui prend tout au premier degré, releva le défi, et Orouni composa The Peanut Specialist, tandis que les Water Babies apportèrent La Dernière Ivresse, (qui valait aussi son pesant de cacahuètes).


Quoi de plus naturel, avec de telles influences, que d’aller enregistrer les deux chansons dans le jeune studio parisien nommé Tropicalia (Pigalle), conçu par Jean Thevenin (Frànçois and the Atlas Mountains) et David Sztanke, et dont l’homme qui officie derrière les manettes sonores est le talentueux Guillaume Jaoul (Tahiti Boy and the Palmtree Family).
Le processus d'enregistrement naturel de chaque formation fut respecté. Orouni, pour The Peanut Specialist, empila des couches sonores travaillées consciencieusement jusqu’à brouiller les instruments, autour d’un pilier rythmique très solide quoiqu’imprévisible (avec Steffen Charron à la basse et Dimitri Dedonder à la batterie).
Pour cette chanson contant la construction (véridique) d’un coffre-fort situé en Norvège et contenant graines et semences venues du monde entier si arrivait un jour la nécessité de resemer un pays ravagé par la guerre, un typhon, ou même l’apocalypse, Orouni eut l’idée de substituer à sa voix les timbres féminins d’Amélie et Clémentine (Water Babies), Dorothée Hannequin (The Rodeo) et Barbara Silverstone. Le résultat est une pièce sonore pop anglophone inspirée par l’esprit des girl groups Motown et dominée par des climats synthétiques futuristes.


Différente fut l’approche des Water Babies, et pas seulement par la langue. La Dernière Ivresse a été enregistrée en quasi-live dans le studio, tout comme l’intégralité du premier album du groupe, Soupir, qui sortira en septembre 2015. L’arpège de guitare de Pierre Caron qui ouvre et clôt la chanson se développe sur un délire pop/opéra martial adouci par l’orgue Philicorda de Julien Gasc, invité et ami (Clémentine étant sa bassiste par ailleurs). La basse de Clémentine March et la batterie de Guillaume Magne soulignent aussi la mélodie sinueuse interprétée avec ingénuité par Amélie Rousseaux, chanteuse du groupe, qui coécrit les paroles avec Clémentine : l’histoire d’une femme qui se noie tellement dans ses angoisses que le monde devient comiquement tragique, comme un(e) ivrogne voyant le sol se dérober sous ses pieds.
Ces deux titres sont donc le fruit d’une rencontre dont l’amitié artistique fut le déclencheur. Il cherche sa cohérence dans l’esprit commun des deux groupes, le bilinguisme, le goût des harmonies poivrées pour les Water Babies rencontrant l’attirance pour les histoires cocasses et la richesse des timbres et orchestrations chez Orouni.

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